L’apprentissage comporterait donc un caractère pénible, avec l’obligation comme moteur. Cela transparaît dans la devise « per aspera ad astra », qui signifie en substance : « Seul celui qui fait des efforts parvient à la réussite ». Si nous concevions l’apprentissage comme quelque chose de ludique, comme une réponse curieuse aux stimuli du monde, cette approche ne s’imposerait sans doute pas à nos esprits. Malheureusement, bon nombre d’adultes font état d’expériences pénibles liées à l’apprentissage. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles près d’un adulte sur trois dans les pays de l’OCDE présente de faibles compétences de base en lecture, en écriture et en calcul, ce que confirme la Fédération suisse pour la formation continue (SVEB) à l’occasion de la Journée mondiale de l’alphabétisation début septembre.
Les adultes apprennent différemment des enfants
« d'apprentissage par l’exemple », c’est-à-dire par imitation), découvrent sans cesse de nouvelles choses et les explorent avec curiosité, à l’école, ils apprennent de manière ciblée. Cela vaut tout particulièrement pour les adultes dans le cadre de la formation formelle et non formelle, qu’il s’agisse de préparer le certificat fédéral de capacité (CFC) ou de suivre une formation continue auprès d’un prestataire privé.
Les adultes ont souvent un objectif précis en tête lorsqu’ils apprennent ; il s’agit le plus souvent de relever des défis professionnels. C’est tout à fait légitime : il n’est pas rare que leur motivation à se réorienter professionnellement soit liée à une potentielle promotion ou au désir d’apprendre une nouvelle langue si l’entreprise se développe à l’internationale. Ce sont donc le plus souvent des facteurs externes qui exigent une actualisation des connaissances et une mise à jour des compétences. Il ne faut pas exclure les évènements de la biographie et les bouleversements de la vie quotidienne. Le défi consiste alors à remettre en question des opinions ou des aptitudes auxquelles on s’est attaché. Chez les adultes, c’est donc l’apprentissage par l’adaptation qui prime/qui occupe le premier plan.
L'appel à l'apprentissage tout au long de la vie
Le rapport sur l’éducation 2026 confirme que les adultes sollicitent le plus souvent des offres de formation continue pour des raisons professionnelles. Ils recherchent des possibilités d’acquérir les compétences nécessaires sur le marché du travail afin de s’adapter aux transformations. En effet, les 17 objectifs de développement durable mettent en évidence que la société est aujourd’hui confrontée au niveau mondial à de nombreuses urgences écologiques, sociales et économiques qui exigent de nouvelles compétences. Les défis actuels liés à la transformation numérique et à la transition écologique, souvent désignés sous le terme de « double transition », entraînent notamment une évolution des compétences requises. Le concept d’apprentissage tout au long de la vie peut être considéré comme une solution permettant de relever de tels défis.
Depuis les années 1970, l’OCDE et l’UNESCO, aux côtés du Conseil de l’Europe, influencent de manière déterminante les débats sur l’apprentissage tout au long de la vie. Il est défini comme tout apprentissage, tout au long de la vie, qui sert à l’amélioration individuelle des connaissances, des qualifications et des compétences. Cette approche implique en même temps que l’apprentissage tout au long de la vie sert avant tout à l’optimisation et à la capacité d’adaptation permanente, notamment face aux évolutions économiques et technologiques, afin de maintenir la compétitivité. L’apprentissage tout au long de la vie serait le principal moteur du développement.
Je pense qu’il s’agit là d’une vision réductrice de l’avenir. L’apprentissage ne doit pas toujours se limiter à une simple réaction face à des situations problématiques. L’envie et la capacité de participer activement et de manière responsable à la construction de l’avenir sont aussi des motivations pour apprendre. L’apprentissage tout au long de la vie permet alors de tirer parti des possibilités d’action existantes. Il s’agit là, au fond, d’une éducation émancipatrice.

Tension entre employabilité et émancipation
Devons-nous considérer l’avenir comme un défi ou comme un espace de création ? C’est la question que pose Helen Buchs, responsable de TRANSIT, le groupe de réflexion sur l’avenir de la formation continue. Pour elle, il est clair depuis longtemps que l’accent doit cesser d’être mis uniquement sur la finalité de l’apprentissage, c’est-à-dire l’employabilité. Si l’on observe les tendances mondiales, il semble nécessaire de devenir – ou de rester – capable de juger et d’agir dans des situations complexes, contradictoires et incertaines, a fortiori dans des situations où la démocratie est mise à mal. La formation continue est indispensable pour relever ce défi, pour que l’apprentissage tout au long de la vie devienne transformatif.
Des environnements d’apprentissage efficaces
De nombreuses offres de formation continue reposent encore sur une conception didactique de l’éducation, malgré la reconnaissance actuelle de ses effets limités et l’expérimentation d’approches alternatives. Un environnement d’apprentissage stimulant et axé sur la pratique est déterminant pour la réussite de l’apprentissage, qui a un impact et qui vise l’employabilité et l’émancipation.
À cet effet, des environnements d’apprentissage bien structurés, un apprentissage fondé sur l’expérience et la « mise en pratique » contribuent à atteindre les objectifs d’apprentissage. La motivation joue un rôle décisif, comme le soulignent Edward Deci et Richard Ryan (document en allemand). Le fait d’expérimenter ses propres compétences, l’intégration sociale et l’autonomie permettent de sortir de sa zone de confort pour atteindre la zone d’apprentissage.
Vous souhaitez acquérir de nouvelles connaissances tout en ayant un impact concret ? Dans le cadre de la formation continue Spécialiste en nature et environnement avec brevet fédéral, orientation Communication environnementale, vous élargirez vos perspectives professionnelles et réaliserez vos propres projets ou campagnes environnementaux en collaboration avec les autres participant·es.
Devenez dès maintenant un·e professionnel·le de la communication et approfondissez vos connaissances en matière d’environnement : Participez gratuitement à notre prochaine séance d’information.
. À propos de Sandra Wilhelm
Sandra Wilhelm a étudié la pédagogie, les sciences de l’environnement et la psychologie environnementale, et a travaillé plusieurs années comme chargée de cours et conseillère en éducation au développement durable. Parallèlement, elle a obtenu un diplôme fédéral de responsable de formation et s’est mise à son compte en 2018 avec son entreprise « anders kompetent GmbH ». Son travail est toujours axé sur la promotion des compétences de transformation.
